Un été indien

La famille combis


Lima : 8 Millions d’habitants, des centaines de combis (mini-bus) qui traversent la capitale de part et d’autre.

Jusque-là rien d’incroyable. Lorsqu’on demande à l’office de tourisme s’il y a un plan et des horaires de bus, un sourire en coin se dessine sur le visage des employés (pour ne pas dire que ça les fait bien marrer des touristes qui cherchent un plan!) Non, il suffit de tendre le bras pour qu’un bus s’arrête, de donner sa direction, parfois il est possible de monter, parfois il faut attendre le suivant. Une fois à l’intérieur, on ne sait jamais vraiment quel sera le chemin ni combien de temps on va mettre pour arriver à destination. Quand on souhaite descendre, on crie « baja, baja » ! Mais quand on ne sait pas où on est, on fait comment ??

Et bien dans la famille des combis, j’appelle …

Le cobrador. Le cobrador c’est la personne « multifonctions » (et qui selon nous a des vraies raisons d’être crevée en rentrant chez elle le soir !). Le cobrador crie les directions par la fenêtre du bus ou la porte qui n’est jamais réellement fermée, presse les gens à monter et descendre, distribue les tickets de bus et récupère l’argent des passagers, indique aux touristes paumés quand il faut descendre, crie encore Areeeeeeequiiiipaaaa, todo areeeequipa ! Le cobrador donne aussi une pièce de temps en temps à un mec posté sur le trottoir qu’on prendrait pour un contrôleur ou un policier… détrompez vous…

Dans la famille des combis, je demande maintenant :

El chaufer : celui-ci n’a qu’un rôle à jouer et non des moindres : rouler le plus vite possible! La sécurité des passagers? Une grosse blague ! Le code de la route? Euuuh… ça existe encore ça? Être piéton à Lima? Jamais à moins d’être suicidaire! Monsieur le  chauffeur (car s’il existe des cobradors de sexe féminin nous n’avons pas vu de femmes se croyant conduire des formules 1) s’approche si près des autres voitures qu’on ressent parfois des petits guillis dans le ventre. Europapark en mieux !  Le chauffeur fait glisser son combi entre les taxis et ses autres copains combis qui ne sont d’ailleurs pas vraiment ses copains puisque c’est encore mieux s’ils se lancent une petite insulte au passage. La course sera d’autant plus passionnante. Nous, très naïvement, on s’est dit que c’était comme un jeu entre eux, une sorte de particularité culturelle. En fait, s’ils veulent tant gagner la course c’est parce que le revenu journalier du chauffeur en dépend ! (source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/23/a-lima-la-reforme-des-transports-urbains-est-une-priorite_1749014_3244.html)

Il manque encore à notre main :

Le pseudo-contôleur. De manière informelle, il est posté à différents arrêts du combi. Il fait des traits sur une feuille, indique le temps passé par chaque combi pour faire un tour complet, échange à peu près 4 mots incompréhensibles avec le cobrador et réclame une pièce. Ce personnage reste encore quelque peu mystérieux pour nous. Son employeur ? Son intérêt ? Son utilité ?

Une carte de plus dans notre jeu !

– Les combis sont détenus par des entreprises privées à qui Le Boss demande gentiment une taxe de 30 à 40 soles  (entre 8 et 10€) par combi et par jour. Multiplions cela par 31000 combis en circulation chaque jour, on vous laisse comptez ce que Le boss se met dans les poches !! Très informellement bien sûr puisque Le Boss n’entretient pas les routes de Lima tout de même. Mais on dit qu’il est pot avec le ministre des transports… Information impossible à vérifier bien sûr, chacun en fera ce qu’il voudra…

Ajoutons à  notre famille :

Madame la Maire : Susana Villaran tente de reformer ce système. Elle a interdit la circulation des véhicules les plus vieux et les plus polluants mais seuls 1700 combis sur les 30000 dorment au garage. Madame La Maire reconnait qu’elle n’a pas remplis ses promesses de mandat prévoyant la baisse de 50% de ces véhicules. http://peru21.pe/actualidad/mas-31-mil-combis-y-micros-saturan-pistas-lima-2146462. Il existe également une ligne de métro et une ligne de bus métropolitain (sorte de tram qui circule sur des voies qui lui sont réservées). Si ces transports sont plus directs et plus rapides, ils sont aussi plus chers et ne déservent que le centre de Lima.

Pour complèter la famille combis, il ne manque plus que :

Jeanett la liménienne qui passe 3h par jour dans les combis. Elle habite à l’est de Lima, doit prendre 3 combis différents pour arriver sur son lieu de travail situé dans la couronne centrale. Et encore, elle n’est pas celle qui habite le plus loin. En effet, Lima est considérée comme la ville la plus étendue d’Amérique du Sud.

Habitants de Paris, souriez, le métro c’est pas si mal finalement !

Cette entrée a été publiée le 9 novembre 2013 à 16 h 27 min et est classée dans Pérou. Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

Une réflexion sur “La famille combis

  1. Le , kolmayer a dit:

    très intéressant , le reportage! vous avez raté votre vocation, vous deux!
    Vivement la suite!
    Bonne continuation
    J-Marie

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