Un été indien

Ceci est un article participatif !


Voilà presque 3 mois que nous voyageons et notre tête bouillonne de questions et réflexions en tout genre. Il y en a une particulièrement qui nous titille depuis quelque temps. Ainsi, nous vous la soumettons et attendons vos réponses, remarques, réflexions, histoires, blagues et légendes sur le sujet ! Merci d’avance pour vos commentaires…

Sous une douche froide, devant la même assiette de riz-patate-poulet-œuf 3 jours de suite ou dans une chambre qui ressemble plus à une aire de jeu entre cafards et fourmis qu’un lieu de repos, on se demande dans quelle mesure il nous faut vivre (endurer) ce genre de moments ? Devient-on plus fort quand notre quotidien est mis à l’épreuve ? Faut-il sortir de sa « zone de confort » habituelle pour déterminer quels sont nos besoins de base et quel est le superflu dans notre vie ?

La question finalement est la suivante : à quoi tient notre bien-être ? Sans l’assumer complètement (sinon ce serait trop facile !), nous remarquons que notre humeur est meilleure quand -ce que nous estimons être- nos besoins de base sont assouvis : bien manger (ce que nous avons envie et ce qui ne nous rend pas malade et non pas juste ce qui nous nourrit !), bien dormir et avec une douche chaude c’est encore mieux ! Nous avons aussi remarqué qu’en contentant nos besoins, nous étions beaucoup plus disponibles pour être émerveillés, inspirés, nous intéresser, assouvir notre curiosité… Pourtant nous sommes entourés de personnes qui vivent dans des conditions matérielles simples, voire que nous pourrions qualifier d’hostiles ou précaires de nos yeux d’occidentaux. D’autres voyageurs que l’on rencontre nous disent vivre des  « aventures humaines » extraordinaires en dormant dans des maisons à même le sol, là même où les poules font caca.  Faut-il vivre « comme les gens » pour les comprendre et les rencontrer ? Quel est l’essentiel ? De quoi avons-nous besoin ? Et surtout jusqu’où devons-nous aller ?

Bien sûr, depuis le temps, nous avons certaines réponses mais nous laissons le champ libre à vos remarques !

Cette entrée a été publiée le 5 décembre 2013 à 16 h 44 min et est classée dans Bolivie, Chili. Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

9 réflexions sur “Ceci est un article participatif !

  1. Avec ma petite expérience d’immergé pour le ccfd terre solidaire dans des terres lointaines comme l’inde ou le mali…
    faut-il atteindre une sorte de dénuement ou d’un vivre avec pour comprendre ces populations et aller vers une vraie rencontre ?
    j’ai toujours dans la tête cette expérience dans le tamil nadu ou nous allions rencontrer les intouchables ,la castre la plus basse ,c’est à dire des dalits,
    Pour nous accueillir ,ils avaient volé une pastèque à un gros propriétaire terrien qui les exploitaient et nous avIons partagé uniquement ce repas dans leur hutte faite de palmiers.
    Ce partage a demandé un geste très simple :manger la pastèque avec les mains.
    les langues se sont ainsi déliées
    ils ont partagé leur bien être,leur joie d’avoir ce bout de terrain avec la mare aux poissons (pour leur autosuffisance alimentaire) et un jardin collectif ou toute la production était partagée.Pourtant leurs plaintes étaient abondantes et leur combat digne.
    le respect des cultures d’autres peuples nous demandent d’être humbles ,nous ne pouvons pas se « fondre » sauf a faire un choix de vivre avec comme a pu le faire le père Ceyrac pour les aider à défendre leurs droits.
    par contre je crois fortement que ces rencontres de ces populations doivent nous interroger sur nos comportements,nos savoirs vivre .
    Dix ans après mon passage en inde ou 6 ans au mali
    mon quotidien a t -il changé ? je m’interroge ?
    j’essaie de mettre de l’humain au coeur de mes préoccupations.
    faut-il modérer mes besoins et désirs pour aller vers une sobriété heureuse (titre du livre de Pierre RABHI.?

  2. Le , Marie T. a dit:

    Lucie, Sylvain,
    Je comprends bien votre questionnement. Ma perception est la suivante :
    Vous avez tout à gagner à identifier et à prendre en considération, sans culpabilité, vos besoins fondamentaux. Peut-être êtes vous prêts à voyager en bus « boite-à-sardines » mais pas à dormir au milieu de la faune locale…Peut être êtes-vous prêts à travailler 12h par jour chez un apiculteur mais pas à avaler des aliments qui vous rendent malades…
    Vos besoins fondamentaux peuvent aussi évoluer, et ont sans doute déjà évolués depuis le début de votre voyage.
    Je ne pense pas qu’il soit juste de vous « malmener » pour mieux vous intégrer, pour vous sentir plus proche des locaux…
    Je crois qu’il est plus juste de sentir ce qu’aujourd’hui et ici vous pouvez, l’un et l’autre gérer sans que cela vous affecte trop (émotionnellement, physiquement…).
    A trop tirer sur la corde, on ne devient pas plus fort…on met en place une carapace. Comme des pelures d’oignons, qui empêchent d’atteindre le coeur…
    A l’inverse, vous l’avez senti, lorsque vos choix sont ajustés à ce que vous êtes en mesure de supporter, vous vous découvrez une plus grande ouverture à l’autre, une plus grande bienveillance ou curiosité.
    Ecoutez-vous…
    Je vous embrasse,
    Marie

  3. Le , Elisabeth a dit:

    Quant à moi cet article me fait découvrir la profondeur de votre réflexion!
    Mon avis est qu’il est vrai et indispensable de satisfaire ses besoins élémentaires pour être en mesure de s’ouvrir à l’autre, de découvrir et de s’émerveiller de ce qui nous entoure… Ce qui est vrai aussi c’est que quand on est dans le dénuement on est plus solidaire de son voisin, le partage quand on a rien ou si peu est réel même s’il est petit!
    S’aventurer comme vous le faites dans des territoires déshérités, pauvres vous permet de toucher du doigt les vrais valeurs qui doivent régir notre humanité et la réalité factice de notre société qui nous fabrique des besoins artificiels et matériels inutiles. Bien sûr, ce n’est pas pour rejeter en bloc l’argent et tous les progrès de la société mais c’est indispensable de savoir garder un regard critique et savoir utiliser l’argent comme moyen et non comme un but à atteindre.
    Bonne réflexion et bonne continuation!

  4. Le , Louis Marie a dit:

    Beau sujet de société et de débat que celui que vous posez ici! Pour ma part je crois qu’une telle expérience permet sans doute de se recaler dans notre façon d’être et de vivre en harmonie.
    Entre la survie qui demande à l’homme de trouver d’abord sa nourriture et celui du consumérisme sans limite que nous voyons autour de nous, c’est le grand écart!!! Et vivre au quotidien ce foisonnement de lieux de vie et de rencontres pour identifier, pour soi même, l’essentiel du futile est une chance. Mais ça travaille, n’est ce pas!!

    Et pour prolonger le débat « C’est dans les utopies d’aujourd’hui que sont les solutions de demain, la première utopie est à incarner en nous mêmes.. pour inspirer le changement des humains.. »
    Merci pour votre partage
    Bonne route et à bientôt
    Affectueusement

  5. Alors que la lumière quotidienne extérieure nous manque en ce moment, nous avons une tendre pensée pour vous qui nous faites clignoter de l’intérieur…D’ailleurs, en parlant de manque ou d’absence, je vous parle de mon besoin..Platon:. »on ne désire que ce dont on manque » càd ce dont on a besoin; désir comme mouvement et élan vers ce dont on manque.Pour me réaliser, j’ai besoin de répondre à plusieurs strates de besoin: mes besoins essentiels ( besoins de base qui vont répondre à mes manques d’ordre physiologique); puis mes besoins de sécurité; des besoins d’appartenance et d’amour; mes besoins en estime de soi et enfin mon besoin d’accomplissement ( pyramide de Maslow)
    Le besoin serait alors une nécessité ressentie et sa non-satisfaction (manque) s’exprimerait à travers des sensations tandis que le désir s’exprimerait sous forme d’émotions….à méditer…mais je m’égare car nous n’avons plus que quelques secondes pour vous souhaiter à vous 2 une trés belle fête de la Lumière

  6. Bonnes questions

    Je pense en effet qu’il faut avoir vécu quelque chose de différent pour se rendre compte de ce que l’on a habituellement. Le voyage permettrait ainsi d’identifier quels sont nos besoins primaires, secondaires, etc. Tout ceci n’est pas nouveau mais encore faut-il le vivre pour le comprendre, et réfléchir un peu.

    « Faut-il vivre comme les gens pour les comprendre ». Se balader dans la rue ou acheter de l’eau au marché est déjà un bon moyen de découvrir une autre manière de vivre, et beaucoup de voyageurs s’en contentent. Vivre chez et avec les locaux permet toutefois de se plonger et expérimenter réellement une autre culture. On a alors accès à bien plus de situations de vie que l’achat/vente ou le tourisme : rituels de repas, valeurs familiales, rapport à l’argent, etc. Enfin, vivre à l’étranger reste le meilleur moyen de comprendre un peuple, à terme.

    Concernant les conditions de vie précaires, elles permettent assurément de se rendre compte du confort que l’on a dans nos pays (très) développés. De plus, manger froid à même le sol et vivre au milieu des poules nous amène peut-être dans un mode de pensée basique et pragmatique, encourageant la réflexion. Parce qu’aujourd’hui on occupe beaucoup notre cerveau pour des questions non primaires (divertissement excessif, art) et l’espace manque pour prendre un peu de recul. Peut-être.

    Ainsi, faut-il voyager chez l’habitant, en auberge ou à l’hôtel 4 étoiles ? Beaucoup ne souhaitent pas en savoir plus sur les populations locales et cherchent seulement le repos loin de chez eux (le fameux « dépaysement »). D’autres n’osent pas prendre de trop gros risques. Et les minoritaires recherchent les « aventures humaines ».

    Pour mon cas, je ne me repose pas chez l’habitant, je découvre, et j’aime ça. Mais pour découvrir j’ai besoin d’avoir un minimum d’énergie à revendre, énergie que je ne peux obtenir qu’en me relaxant dans un lieu calme, avec des gens que j’apprécie, un bon café, une bonne bouteille de vin et de la bonne musique. Dans un confort similaire à la maison donc. L’alternance serait ma solution ?

  7. Le , Cathes a dit:

    Je n’ai pas eu le temps de lire tous les commentaires précédents … En parcourant en diagonale, j’ai vu le fameux nom de « Maslow » qui m’a fait sourire, puis qu’évidemment, j’avais prévu d’y faire référence 😉

    De notre côté avec Jojo, nous avons remarqué durant nos petits périples que l’on accepte mieux les conditions difficiles quand on a le choix. Et c’est en ça qu’on ne peut comparer notre condition de « touriste-voyageur » (nouveau débat :p) avec la manière de vie des locaux que l’on rencontre. Oui, vivre comme eux nous permet de partager certaines choses et de relativiser notre vie « à la française », mais ne nous mentons pas, pour nous cela reste du folklore, du provisoire, et on sait au fond de nous qu’autre chose nous attend.

    Je te rejoins concernant l’idée qu’un minimum de confort nous permet de mieux apprécier les découvertes et de surmonter quelques jours plus difficiles ensuite. L’alternance ? Le paradis ! Voyager … rentrer chez soi … voyager … rentrer chez soi … voyager …
    Tu me manques !

    • Pour mon cas, la notion de confort de voyage est surtout associée à l’atmosphère qui m’entoure et non pas au confort matériel. Ayant un peu voyagé à la rencontre de populations, je me suis rarement sentie mal à cause d’un confort matériel simple ou précaire, en revanche l’atmosphère humaine qui régnait m’interpelait davantage, et je ne pense pas que l’un dépend de l’autre. Il y a le matériel mais il a aussi l’espace, le moment, la lumière, l’humeur, bref l’atmosphère.
      Dans le cas du séjour chez l’habitant, il faut se rappeler que c’est un consentement de leur part de nous inviter chez eux et que par conséquent ils n’ont pas « honte » de leur habitat ou en tout cas, ils font l’expérience de ce « risque » qu’ils prennent à nous inviter, de la situation à laquelle ils se confrontent. Je pense qu’autre chose les préoccupent d’avantage que ce dont nous allons penser de leur confort de vie.
      Comme nous, c’est l’échange, le partage, les regards, l’interrogation qui s’effectue dans les deux sens, l’admiration parfois chez l’un ou chez l’autre, cette mise à l’épreuve des deux cotés que ces voyageurs et ces habitants cherchent, cet instant simple de complicité où certaines choses deviennent claires et où finalement nous laissons les choses nous parvenir.
      La durée importe peu, je pense qu’on a pas besoin d’être un voyageur de la grande aventure humaine pour vivre ce genre d’expérience, un thé suffit parfois.
      Je trouve ce débat passionnant ! merci

  8. Le , Lebeau a dit:

    Bonsoir Lucie, Bonsoir Sylvain !

    J’essaie de refaire mon retard ! J’ai raté plusieurs épisodes, mais je suis toujours accroché par votre niveau de réflexion et de rédaction !!
    Ma particpation (ironique !) :
    « Le superflu, chose très nécessaire » (Voltaire) pensée plus profonde qu’il n’y paraît…

    Je continue ma lecture !

    Bises

    PS : Sylvain, pour le Nouvel An, on est allé tout près de ton paÿs (et de celui de certain de mes aieux d’ailleurs) !, à Nans -sous-Sainte-Anne ! c’était très beau.

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