Un été indien

Voyage, rencontre et bien-être, article participatif suite et fin


Avant de tester et de poster les dernières recettes qui ont éblouies nos papilles, il nous tenait à cœur de revenir sur l’une de nos cogitations de voyage, brouillamini entre bien-être personnel, rencontres  « locales » et itinérance. Nous l’avions résumé il y a quelques mois par les questions suivantes : faut-il vivre « comme les gens » pour les comprendre et les rencontrer, quitte à sortir de sa zone de confort ? Quel est l’essentiel ? Jusqu’où devons-nous aller ? Après ces 5 mois de voyage, vos idées partagées (pour lesquelles nous vous remercions !), et quelques heures de discussions là-bas, voici nos conclusions (qui n’en sont pas vraiment puisque nous n’aurons jamais fini d’en parler).

1-      Soyons heureux, vivons futiles
Un carreau de chocolat, une chambre colorée, l’odeur d’un cake chaud, un accueil enjoué, une lampe de chevet (oh bonheur que de ne pas se lever chaque soir pour éteindre la lumière !), sont les illustrations de ce que nous appelons futilité. C’est cette petite chose qui n’a l’air de rien et qui pourtant fait le plaisir du quotidien. Le futile, c’est l’insignifiant et c’est aussi le superficiel. On peut très bien s’en passer, on peut vivre sans, mais qu’est-ce qu’on vit mieux avec ! Encore faut-il savoir repérer et apprécier « son futile »…  Comme nous avons adoré notre voyage, nous sommes aussi contents de rentrer puisque nous retrouvons toutes ces petites choses futiles qui font de notre quotidien un bonheur. Le voyage pour nous n’était ni une quête, encore moins une fuite mais seulement l’envie d’ailleurs, d’espaces, de changer de rythme, d’atmosphère et d’environnement (foutus pigeons y’en a dans le monde entier !).

2-      Se connaître y’a que ça de vrai
On ne va pas vous faire une dissert sur le développement personnel, l’épanouissement intérieur et bla bla bla (nous laissons leurs métiers aux libraires et psys qui pourront vous aider) mais seulement se rappeler de ne pas faire semblant ; ne pas se mentir à soi-même sur ce qu’on est capable de voir, de faire, d’accepter, reconnaître ses faiblesses (qui parfois n’en sont même pas) ; savoir dire non, je ne peux pas ; pas toujours et jamais sans avoir essayé mais se satisfaire aussi de ce qui a été réalisé jusqu’à présent et surtout ne pas juger celui qui fera un choix différent du mien. Certainement le plus difficile. Parfois on déplorait les touristes qui prennent 3 avions en 10 jours et les mascarades de rencontres organisées, 1 dollar, un collier de fleur. Inversement, on s’énervait des voyageurs critiquant les touristes « de base » qui soit-disant ne font rien d’authentique. Parfois on jalousait les voyageurs à vélo sous l’éclat du soleil campant au bord d’un lac et parfois aussi on les plaignait (surtout leurs mollets !). Parfois, on riait secrètement du mec qui voyage pendant des années et qui a une barbe à faire pousser une forêt. Cela nous fait dire que le voyage est comme la vie, une histoire de choix, où chacun fera les siens.

3-      Tous les mêmes ? Mouai… pas vraiment
On a bien essayé de prendre l’accent argentin, de se laisser pousser les cheveux dans la nuque à la mode chilienne, de manger comme les locaux sur les marchés, de se perdre dans les montagnes péruviennes et de dormir chez l’habitant, de connaître chaque jour un peu plus l’histoire du pays traversé, rien n’y fait. Nous sommes français, blancs (un peu bronzés quand même) et cette étiquette nous a collé aux basques. Non, nous ne sommes pas forcément riches (mais d’abord c’est quoi la richesse quand on retire au guichet 4 fois par mois le salaire minimum d’un bolivien ?) et non nous ne voulons rien acheter mais juste discuter. On a voulu se fondre dans la masse, on a vite arrêté. On ne pourra jamais mieux rencontrer les gens en vivant comme eux car nous ne sommes pas comme eux. Nous ne sommes pas nés dans ces pays, nous n’allons pas y rester le reste de notre vie. Et quand bien même, ceux qui ont ce projet-là n’ont pas la même culture, n’ont pas le même pouvoir d’achat, n’ont pas les même codes sociaux. Ce n’est ni un drame, ni la panacée, c’est juste un fait. Un fait qu’il ne faut pas oublier car c’est dans cette différence là que les interstices de la rencontre sont les plus ouverts.

4-      L’inconfort d’aujourd’hui, le confort de demain
Pour nous, les moments qui nous ont semblés les plus inconfortables n’ont pas été ceux liés à la matérialité. Il est vrai qu’on a plutôt mal dormi sur notre couverture de survie dans notre tente qui prend l’eau, il est vrai que nos estomacs ont passé des journées à faire des concerts de sons étranges, il est vrai que l’on a attendu et attendu des bus qui ne sont jamais venus assis en tailleur sur le trottoir dans le vent froid de Patagonie (j’en rajoute volontairement pour que vous soyez toujours captivés !) mais ce ne sont plus que de joyeux souvenirs. Par contre, on a trouvé qu’il nous fallait plus d’énergie pour téléphoner à un type au fin fond de la Bolivie pour aller visiter une coopérative de quinoa et cela sans véritable raison, seulement parce que l’éduc pop a eu raison de nous et nous pousse aujourd’hui à aller sur le terrain pour voir, juger et agir ! Mais allez expliquer cela au responsable qui ne comprend même pas pourquoi vous avez eu son numéro de téléphone. Si ce moment était véritablement inconfortable, l’expérience était si riche qu’aujourd’hui nous ferions de même.

5-      Le plus beau voyage est celui qu’on fait dans sa chambre
Si Beaudelaire décrivait la chambre comme un univers propice au voyage, c’est parce que pour lui tout y était « luxe, calme et volupté » autant que dans des contrées lointaines ou dans les bras d’une femme. On peut aussi trouver de l’exotisme dans le 18ème à Paris et faire une incroyable rencontre seulement avec son voisin de pallier.  Tout n’est qu’une histoire de curiosité et de mouvement.
Nous avons cette chance que notre corps puisse se trouver à un endroit et notre esprit à un autre. Avec un peu d’imagination, le décor peut changer plus vite autour de nous que la vitesse de la lumière et sinon on peut toujours s’arrêter sur un banc et regarder les passants…

Cette entrée a été publiée le 21 février 2014 à 0 h 19 min et est classée dans Argentine. Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

4 réflexions sur “Voyage, rencontre et bien-être, article participatif suite et fin

  1. c beau comme conclusion. merci.

  2. Le , Elisabeth a dit:

    Partir à l’autre bout du monde pour découvrir que les rencontres intéressantes et les échanges riches d’amitié et de découverte de l’autre peuvent se faire avec le voisin de palier ou la personne rencontrée dans la rue est FORMIDABLE. La rencontre tient plus de l’état d’esprit, de l’ouverture à l’autre et à la richesse de sa différence.
    Un voyage initiatique en quelque sorte qui vous a permis de mettre en oeuvre des idées utopiques et de rapporter des souvenirs pour entretenir vos soirées d’hiver et enrichir vos échanges avec votre voisin de palier.

  3. Le , simard christiane a dit:

    Voilà, comme dit un illustre inconnu : « je suis allé chercher bien loin, ce que je pouvais trouver juste à côté. »
    Mais c’est vrai aussi qu’on ne sait pas de quoi l’ailleurs est fait, tant qu’on y est pas allé …
    Le principal c’est de revenir, avec des souvenirs, mais surtout avec la capacité de reprendre sa vie, telle quelle est, imparfaite, futile, mais confortable !
    Je vous souhaite de belles rencontres, ici et peut-être encore ailleurs, de réaliser vos voeux et surtout de ne pas perdre votre âme dans le confort du quotidien.
    Allez, vous avez beaucoup appris, vous apprendrez encore, et moi je suis une vieille femme qui radote …
    bon anniversaire, mon fillot !
    marraine

  4. Chapeau les amis

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